Considéré autrefois comme majoritairement populaire et ouvrier, le territoire du Grand Plateau est devenu, au fil des ans, une terre d’accueil non seulement pour de multiples artistes et artisans mais aussi pour des ménages aux revenus supérieurs. En effet, la valeur patrimoniale du parc de logement, la situation géographique centrale de l’arrondissement, une certaine valorisation culturelle et la diversité des services présents rendent les quartiers de Saint-Louis, Mile-End, Plateau Mont-Royal, Plateau Est et Milton-Parc particulièrement attirants pour des populations plus aisées. C’est un processus de transformation que plusieurs désignent sous le terme de gentrification.

Le manque de place en logement social est l’un des soucis majeurs pour plusieurs groupes œuvrant sur le territoire du Grand Plateau, qui travaillent d’arrache-pied, en collaboration avec les arrondissements, dans le but d’offrir à la population de meilleures perspectives en matière de logement locatif abordable.

Voici un résumé des problèmes actuels :

  • Un taux d’inoccupation des logements très bas;
  • Le coût très élevé des loyers;
  • Une augmentation constante des évaluations foncières depuis 1995;
  • La place prépondérante prise par les condominiums dans la construction de nouveaux immeubles, au détriment du logement locatif;Depuis les années 90, de nombreuses conversions d’immeubles locatifs en condos ont eu lieu dans le Grand Plateau. À partir de 2001, le Grand Plateau abritait la plus forte concentration d’unités de condominiums de Montréal.
  • Un déficit en termes de développement du logement social dans le territoire.

De l’ensemble de ces constats sur la situation du logement et de l’habitation dans le Grand Plateau, il se dégage un certain nombre d’actions nécessaires.

  • Protection du parc de logements locatifs
  • Accroissement du parc de logements locatifs
  • Mesures de soutien aux locataires dans le besoin
  • Accroissement du nombre de logements sociaux

La nécessité de développer le secteur du logement social dans l’arrondissement en vue de répondre aux besoins et aux demandes du milieu, suppose alors une volonté politique pour mettre sur pied de nouveaux projets. Elle suppose aussi la présence, sur le territoire, de terrains vacants et de sites ou d’immeubles recyclables en résidentiel pour accueillir ces nouveaux projets. Or, avec le nouveau Plan d’urbanisme de la Ville de Montréal, des secteurs situés dans le Mile-End et à l’est du Plateau changeront de fonction pour devenir des zones mixtes, résidentielles et commerciales. Il y a là un enjeu important pour faire en sorte que ces terrains ainsi recyclés puissent abriter de nouvelles unités de logement social. Ce ne sont cependant pas les seuls sites susceptibles d’être développés en ce sens.