Ateliers d'éducation populaire du PlateauIl y a urgence en la demeure. C’est le message de fond qui ressortait de la conférence de presse tenue par l’Alliance des centres d’éducation populaire (InterCEP) le 5 avril dernier. Suite à une décision de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), les CEP verront leurs baux se terminer en mai 2015 et leur subvention au fonctionnement de 100 000$ disparaître du même souffle. Devant cette menace à leur survie, les CEP s’adressent maintenant directement à la première ministre Marois afin de la rencontrer pour lui exposer la situation et la convaincre d’intervenir.

Pour, Sylvie Laliberté, porte-parole d’InterCEP, il est impératif de maintenir les services offerts par les CEP. Avec leurs 80 employés à temps plein et près de 500 bénévoles, les CEP rejoignent près de 100 000 personnes annuellement, leur offrant un support sur des sujets aussi divers que la francisation, l’alphabétisation, l’insertion sociale, l’informatique, l’alimentation, etc. Dans un communiqué diffusé lors de la conférence de presse, Amir Kahir, député de Mercier, souligne que :

« Ils (les CEP) sont un véritable bien commun. Le plus désolant dans tout ça, c’est que l’offre éducative des CEP s’adresse à toutes et tous et en particulier aux personnes socialement atteintes et économiquement défavorisées. Encore une fois, ce sont les moins nanti-e-s qui font les frais des coupures budgétaires et du déficit zéro et les femmes qui en subissent les plus graves conséquences puisqu’elles représentent 82% des membres des AEPP (Ateliers d’éducation populaire du Plateau). »

Afin de maintenir les CEP sur les rails, Sylvie Laliberté affirme que ceux-ci ont besoin de partenaires financiers qui puissent leur assurer une stabilité, de baux à long terme, d’une subvention non récurrente 6 millions de dollars pour assurer la rénovation des centres (il s’agit d’une évaluation indépendante) et de 700 000$ annuellement pour assurer l’entretien des centres.

Ces investissements, pour substantiels qu’ils puissent apparaître, sont cependant bien peu en regard des coûts sociaux relatifs à l’exclusion et la marginalisation pour des personnes à qui l’on redonne les moyens de s’investir dans la vie collective. Comme l’indique Sylvie Laliberté, il importe que, socialement, nous reconnaissions l’éducation populaire comme étant complémentaire de l’éducation formelle.

Pour Benoît Lord, directeur des Ateliers d’éducation populaire du Plateau, « l’heure est grave » pour les CEP, le danger est réel. Malgré tout, il demeure optimiste, énergisé par les retombées de la conférence de presse. Pour lui, les Centres d’éducation populaire sont des éléments essentiels pour construire un Québec apprenant et une communauté d’entraide. Aucun gouvernement ne peut le nier.

« Comme tout organisme dont la mission est l’éducation populaire, nous existons pour et par le monde. Nous avons l’appui remarquable des organismes partenaires membres de la CDC ASGP, des institutions comme le CSSS Jeanne-Mance, l’Institut de coopération pour l’éducation aux adultes (ICÉA) et même le conseil d’arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Forts de ces appuis, nous allons trouver une solution. »

« Il faut faire connaître aux décideurs le rôle capital joué par les groupes tels les CÉDA (Comité d’éducation aux adultes de la Petite-Bourgone et Saint-Henri) et de l’éducation non formelle pour l’avenir de notre société », d’affirmer quant à lui M. Gérin-Lajoie. Espérons que l’appel lancé sera entendu et que la première ministre Marois donnera rapidement suite aux demandes formulées par InterCEP.

Les Ateliers d’éducation populaire du Plateau en quelques chiffres

Implantés dans le quartier depuis plus de 40 ans, les Ateliers d’éducation populaire du Plateau jouent un rôle de premier plan dans le soutien à la vie communautaire. Les Ateliers d’éducation populaire du Plateau, c’est :

  • 27 employés à temps plein et partiel;

  • 600 membres;

  • 120 bénévoles, dont 30% proviennent des communautés culturelles;

  • 6000 heures de bénévolat par année;

  • 4000 personnes rejointes par année;

  • une cafétéria communautaire servant 2500 repas par année;

  • une halte-garderie communautaire offrant ses service à 200 familles annuellement;

  • des cours d’informatique, d’arts, de langues, de francisation, etc.

Marc Ouimet
Pour la Corporation de développement communautaire Action Solidarité Grand Plateau (CDC-ASGP)

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